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Snapchat doit se diversifier

Coincé entre Instagram et TikTok, Snapchat est condamné à innover s’il veut survivre

La messagerie Snapchat a fort à faire si elle veut dégager des bénéfices sur survivre aux assauts de WhatsApp, Instagram ou TikTok. © Unsplash/Christian Wiediger
La messagerie Snapchat a fort à faire si elle veut dégager des bénéfices sur survivre aux assauts de WhatsApp, Instagram ou TikTok. © Unsplash/Christian Wiediger
Publié le 22.04.2023

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Réseaux sociaux » En tant que «vieux» réseau social plébiscité par les jeunes, Snapchat peine à exister au-delà de sa base d’utilisateurs fidèles, aux yeux des précieux annonceurs et influenceurs. Un casse-tête que l’application doit absolument résoudre si elle veut atteindre la rentabilité. «750 millions de personnes se servent de Snapchat tous les mois, dont la vaste majorité des 13-34 ans dans plus de 20 pays», se félicite Evan Spiegel, qui a cofondé Snapchat en 2011. Le patron a ouvert la conférence annuelle de l’entreprise avec ces chiffres montrant qu’elle n’a rien à envier à ses concurrentes en termes de fréquentation.

Mais contrairement à Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), Snapchat n’a jamais réussi à gagner suffisamment de recettes publicitaires pour dégager un profit annuel. En 2022, ses pertes nettes ont triplé à 1,43 milliard de dollars. Le groupe californien a donc entrepris une diversification à marche forcée, après avoir licencié 20% de ses effectifs l’été dernier (plus de 1200 personnes).

Une offre différente

Mercredi dernier, Snapchat a présenté sa stratégie pour attirer plus de créateurs de contenus, inciter les utilisateurs à souscrire à l’abonnement payant et convaincre les annonceurs et les entreprises du potentiel de la réalité augmentée. L’application doit cependant «faire attention à ne pas trop s’éloigner de ses origines et de son but premier en tant que messagerie», souligne Jasmine Enberg, d’Insider Intelligence. Selon l’analyste, la plateforme doit trouver un juste milieu entre «le sens de la communauté et des échanges privés», qu’elle a cultivé depuis sa création, et la nécessité de créer plus «d’espaces publics» rémunérateurs.

Snapchat a inventé les stories en 2013, un format de photos ou vidéos éphémères ensuite copié par ses rivales. C’est aussi un pionnier de la communication visuelle et de la réalité augmentée. Mais, aujourd’hui, «personne ne parle d’eux», remarque Carolina Milanesi, de Creative Strategies. «Même du côté de la régulation des plateformes, tout tourne autour de Facebook et de TikTok.» Une différence que Snapchat revendique haut et fort. «Les gens sont fatigués des concours de popularité sur les réseaux sociaux», a lancé Evan Spiegel.

«Nous en avons marre de devoir être beaux et parfaits sur toutes les photos, marre de la course aux likes, marre de la désinformation. Nous voulons juste nous amuser avec nos amis et notre famille», a-t-il ajouté. Snapchat résiste en partie au phénomène TikTok, imité par Instagram: un fil de vidéos courtes et divertissantes publiées par des créateurs de contenus, triées en fonction de l’utilisateur, à consommer comme des bonbons.

L’appli au fantôme s’ouvre par défaut sur la caméra, proposant à l’utilisateur de se filmer lui-même, ou son environnement, avec ou sans filtre, pour publication privée ou publique. Et les nouveaux outils présentés mercredi visent d’abord les usagers, avec des nouveaux formats de stories et une carte plus dynamique. My AI, son chatbot à base d’intelligence artificielle générative, va pouvoir être personnalisé et les 3 millions d’abonnés à Snapchat+, la formule payante lancée l’été dernier, vont bientôt tester ses capacités visuelles: le programme répondra aux photos avec des images générées automatiquement. ATS

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